Interview de Véronique « Klochet »
Interview de Véronique « Klochet », secrétaire du club de krav maga de Créteil
Merci à elle d’avoir répondu à ces questions
> 1. Peux tu te présenter brièvement ? Alors je suis Klochet, plus classiquement Véronique. J’ai commencé le krav en 93 avec Richard à Créteil avec comme partenaires Jyss et Cédric.
> 2. Quel est ton grade actuel ? Je suis ceinture noire 2ième dan. Je suis la première femme en Europe à avoir obtenue la ceinture noire (c’est juste pour me la péter ).
> 3. A quel âge as-tu commencé le Krav Maga ? Ben, voyons .j’avais 19 ans.
> 4. A ton avis, quelles sont les qualités nécessaires pour être bon en Krav ? Etre « bon » en krav, n’est pas la problématique. Ce n’est pas un but en soi. On ne fait pas du krav pour être bon. On peut se fixer le but d’apprendre des techniques ou d’améliorer sa condition physique.
Je pense qu’il faut d’abord se faire plaisir. Avec le plaisir et une part de rigueur, on progresse et de là naît peut être la passion, la satisfaction et l’efficacité.
> 5. Pourquoi as-tu choisi cette discipline plutôt qu’une autre ? A l’époque je ne connaissais pas du tout cette discipline. Je faisais plein d’autres sports (hand, basket, tennis, natation, hockey sur roller ) mais rien ne m’accrochait vraiment. J’étais tentée par la boxe pour l’entraînement, mais avec des à priori quant au ring et au combat. Un soir, par hasard, un ami me prévient qu’un cours de krav ouvrait près de chez moi. Premier cours, première rencontre avec ce sport et avec Richard Douieb dont la gentillesse, la simplicité et l’efficacité font durer ma passion depuis si longtemps.
> 6. Vis-tu de ta discipline, si oui comment ? Non je ne vis pas de ma passion. Je gère l’école de Créteil avec un sérieux professionnel mais je ne veux pas que du business interfère avec ma passion. Je ne saurai pas le gérer.
> 7. Quel est ton programme d’entraînement et à quel rythme ? Il y a trois ans, je me suis grièvement blessée au dos et j’ai du arrêter le sport. Aujourd’hui je suis en rééducation. C’est très long, et très dur physiquement et moralement. Quotidiennement, j’ai des exo à faire.
Avant, j’étais une folle furieuse, je ne m’arrêtais jamais. Je faisais les quatre cours de krav par semaine, plus tous les stages, et les jours off, j’allais courir, faire du vélo, salle de sport etc
Mais aujourd’hui, je me rends compte que toute cette énergie était mal utilisée. Il faut avant tout bien connaître son corps et ses possibilités avant de se présenter devant des hommes de 80 kg !! (Et plus largement pour d’autres disciplines d’ailleurs)
Aujourd’hui je m’occupe de toute la partie administrative du krav. Ce n’est pas le plus drôle, mais je suis présente chaque semaine à l’entraînement, pour regarder
et répondre à toutes les questions.
> 8. Quels sont les points clés que tu enseignes à tes élèves ? J’ai arrêté aussi l’enseignement (momentanément), suite à ce problème. On me sollicite pour reprendre mais par respect pour les pratiquants, je ne reprendrais cela qu’après être rétablie afin de pouvoir montrer par moi-même les exo que je demande. Et puis je considère qu’il faut que je me remette à niveau.
Je pense que mon enseignement sera différent d’avant ; au niveau approche. Je resterais fidèle à l’enseignement de Richard Douieb tant au point de vue technique que pédagogique ainsi que philosophique. Seulement je n’avais pas bien intégré les notions de respect de son corps, de possibilités physiques propres à chacun. A commencer par moi-même. Nous ne sommes pas surnaturels et quand on se blesse ou quand notre corps atteint ses limites et nous l’indique, il faut l’écouter et le respecter. Et prendre le temps pour se soigner, prendre du recul. Ce n’est pas une perte de temps, au contraire.
D’une manière générale, j’insiste sur la rigueur, le respect pour le partenaire et pour soi même et surtout sur la convivialité et le partage. Avec le temps, l’école de Créteil est devenue une petite famille, avec un groupe d’anciens assez important. Nous avons progressé ensemble (tous élèves directs de Richard Douieb), et notre volonté commune de transmettre son enseignement, nous a lié d’amitié.
> 9. Aurais tu des conseils à donner aux débutants ? Il faut venir par plaisir. Peu importe ce qu’on vient chercher dans le krav, technique, self defense, sport, philosophie, mais il faut le faire par plaisir, voire par passion. Il faut rester aussi humble. Ne pas tout vouloir tout de suite. Il faut prendre le temps d’intégrer, d’assimiler ce qui nous est transmis. Il faut accepter les remarques, se remettre en cause, et ne pas chercher la compétition. Mais la combativité, dans un esprit sain, est une bonne chose
> 10. Pratiques-tu d’autres disciplines sportives ? Aujourd’hui, je me suis mise au yoga, et je me remuscle.
> 11. As tu des souvenirs marquants à partager ? Alors des souvenirs
Il y en a pleins !!!
Il y a mon premier KO, que m’a offert Jyss avec son genou en plein dans le nez.
Les combats durs : Richard Douieb prenait un malin plaisir à faire monter la pression des jours et des jours. Il savait que j’angoissais. J’y allais la peur au ventre. Surtout que je n’ai eu que des hommes en face de moi. Pas facile à gérer.
Il y a mes premiers cours en temps qu’élève. Etant une femme, il a été très difficile de m’imposer. Surtout au début. Il y avait toujours quelques indélicats, qui venaient me voir en disant, « tiens je suis fatigué, je m’entraîne alors avec toi, ça va me reposer »
.
Il est difficile aussi de se pointer devant une trentaine d’hommes pour leur donner un cours physique et technique. J’ai dû corriger ma voix pour me faire entendre et respecter. Mes techniques devaient alors être parfaites ( !! enfin j’essayais) pour être crédible.
Ce sont de très bons souvenirs.
Sur
tout quand, dans un cours, un élève me demande, lors d’un exercice, un qui donne, un qui reçoit, (on est touché légèrement au front par une main ouverte), s’il ne va pas perdre des neurones !!! Que du bonheur
Mon surnom vient aussi du premier stage de krav à Marseille où un pratiquant rigolait de me voir gringalette avec des gros gants. Mais après notre premier combat, il parait que je lui avais sonné les cloches
.








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