Les articles et parutions sur le Krav Maga
De nombreux articles parus dans la presse sur le Krav Maga.
Le Krav Maga à Paris (Karaté Bushido n°164 Décembre 1989)
« Celui ou celle qui a une approche sincère des Arts Martiaux finira par faire surgir en lui ce qu’il a de meilleur ; je parle aussi bien de sa défense face à une agression physique que face aux multiples agressions de la vie quotidienne.[
]Evidemment le Krav Maga n’est pas le seul moyen pour s’élever moralement, loin s’en faut. Les arts, la religion et bien d’autres études sont en principe là pour ça. Il n’en demeure pas moins vrai que, bien que cela puisse paraître étrange au non-initié, il reste un excellent moyen de dépassement de soi. «
Richard Douieb
La self défense de Tsahal (Karaté Bushido n°183 Septembre 1991)
» – Quels sont les critères de base pour devenir un bon en Krav Maga ?
- Tout d’abord aimer ça. On peut très bien n’avoir pratiqué aucun sport de combat au départ, et s’entraîner en Krav Maga pendant des années. Ou bien avoir déjà une bonne approche du combat et surtout bien ressentir les mouvements. A la bas aucune qualité spéciale n’est vraiment requise, mis à part la santé
Cette discipline convient aussi bien aux hommes qu’aux femmes, malheureusement ces dernières ne sont pas très nombreuses.
C’est dommage, puisque la self défense est véritablement la discipline idéale pour la femme.
- Comment se déroulent les cours, vous vous blessez souvent ?
- Non, les règles de sécurité sont très précises. Il faut que l’on puisse apprendre à ne pas être limité face aux attaques des autres, mais apprendre à ne pas se blesser à chaque cours. Sinon, nous avons des protège-tibias, nous pratiquons avec et sans gants. L’entraînement en salle ne se fait pas uniquement sous forme de combats.
Les principes d’Imi Lichtenfeld (Karaté Bushido n°195 Octobre 1992)
» L’essence même du krav maga, littéralement « combat au contact », repose sur sept principes. Le premier est un principe de prévention assez général: éviter de se retrouver dans une situation dangereuse, par exemple si l’on fait de l’auto-stop, éviter les individus peu engageants; éviter de traverser à pieds un quartier dangereux en ville… Secondo, le krav maga est un art de self défense basé sur les réflexes naturels du corps humain. Troisièmement: se défendre et attaquer par la voie la plus courte et depuis la position où l’on se trouve, en privilégiant le minimum de prise de risque pour soi-même.
Quatrième principe: en fonction de la situation, et selon le besoin, en fonction du danger que représente l’adversaire, essayer de décourager celui-ci en parlant. Cinquièmement, on utilise les points sensibles du corps humain (yeux, gorge…) pour atteindre ou maîtriser l’adversaire. Sixième principe: essayer d’utiliser tous les objets à sa portée, puis les armes naturelles du corps. Enfin dernier principe, mais peut-être le plus réaliste: pas de loi, aucune limitation sur le plan des techniques, pas d’interdits, tous les coups sont permis. Une self-défense qui laisse donc une belle part à l’imagination… et qui se pratique aussi comme un sport. »
Simple et Efficace (Karaté Bushido n°206 Octobre 1993)

La loi du Talion (Karaté Bushido n°216 Aout 1994)
» KB – Le GIGN s’est intéressé à votre méthode, le bilan
RD – Les gendarmes du GIGN se sont, en effet, intéressés au Krav Maga et après examen approfondi, leurs experts, ceintures noires avec des Dans dans différentes disciplines, l’ont adopté. A ce sujet, je dois souligner l’extrême satisfaction qui est mienne d’enseigner à cette unité d’élite . [
]
KB – Vous avez été fortement impressionné lors de la première rencontre avec votre maître. Parlez – nous de cet événement.
RD – A mon recrutement dans l’armée en Israël en 74, j’étais déjà un passionné de sports de combat et je m’y étais plongé tête baissée avec une avidité quasi boulimique. A cette époque, Bruce Lee et les films dits de Karaté avaient largement contribué à faire connaître les Arts Martiaux, pour en donner une idée plus ou moins éloignée de la réalité, notamment très caricaturale des vieux maîtres au jeune garçon que j’étais encore. Dans le courant de mon service militaire, mon lieutenant décida de m’envoyer à un stage
intensif pour devenir moniteur militaire de Krav Maga. C’est là, dés le premier jour, que je fis connaissance avec mon instructeur, Raphy Elgrissy, un des tous premiers élèves de Maître Lichtenfeld et qui, plus tard, continua de m’enseigner dans le civil. Occupés que nous étions à enregistrer les techniques, aucun d’entre les élèves n’avait remarqué, assis dans l’ombre, un vieux monsieur élégamment vêtu, observant attentivement la leçon en prenant soin de ne pas perturber le groupe. Après quelques minutes de cours, notre enseignant découvrit le premier la présence très discrète du spe
ctateur. Immédiatement, son attitude se teinta d’un profond respect et il le pria de venir à ses côtés pour nous le présenter. A cette minute, je fis la connaissance de Maître Lichtenfeld (surnommé Imi), fondateur du Krav Maga, qui allait radicalement changer ma vision des Arts Martiaux et de la vie en général. »
Spécial GIGN (Raids n°106 Mars 1995)
» Le Krav Maga – ou « combat avec contact » en hébreu – est le type de combats corps à corps et d’autodéfense officiel au sein du Tsahal, que de la police ou des services de sécurité israéliens. Ce sport de combat a été inventé par Imi Lichtenfeld, qui l’a ensuite développé au cours de sa longue carrière comme instructeur en chef du combat corps à corps dans l’amrée israelienne.
M. Lichtenfeld est né en Slovaquie en 1910. En 1940, après deux années d’aventures au sein de la Légion tchèque,il s’embarque pour un long voyage qui l’amènera finalement en Palestine. Il entre ensuite à la Haganah, l’organisation paramilitaire juive, où ses capacités sportives seront reconnues – son père lui avait enseigné des techniques d’autodéfense. Une fois l’indépendance proclamée en 1948 et Tsahal créée, Imi gravira durant vingt ans tous les échelons de l’armée pour devenir instructeur-chef de l’cole militaire de culture physique et de Krav Maga. Il y développera son systéme d’autodéfense et de combat corps à corps, le Krav Maga, se consacrant aux instructeurs et aux membres des unités d’élite de l’armée.
Le Krav Maga, généralisé dans un environnement ou la violence était journalière, comporte deux parties principales: l’autodéfense et le combat corps à corps. L’autodéfense est la base de cette discipline. Cela inclut toute une série de techniques dont le but est de donner à ceux qui les apprennent la posibilité de se défendre contre des actions hostiles, d’être en mesure d’avoir le dessus sur leur assaillant et d’éviter d’être bléssé. Cela comprend également les défenses contre toutes sortes d’agressions, coups de poing, coups de pied, étouffements, différentes prises et attaques à main armée ( avec couteau, arme à feu, grenade ou gourdin). L’élève apprend ainsi à appliquer les différentes méthodes de Krav Maga dans le maximum de situation familières ou inconnues (l’obscurité, les positions assise ou couchée…).
Le combat au corps à corps marque une base plus avancée du Krav Maga, où l’on apprend à neutraliser rapidement et efficacement son assaillant. Cele-ci met en oeuvre des éléments ayant trait au combat proprement dit: tactiques, feintes, attaques avec combinaisons de plusieurs techniques, dimension psychologique du combat, etc.
En réalité, le Krav Maga n’est pas une écoles d’art martiaux fondée sur des approches conventionnelles. Il s’agit d’un système moderne, caractérisé par un mode depensée cohérent et logique, qui permet de développer des méthodes pratiques, naturelles et faciles basées sur des mouvements relativements simples du corps humain. Cette discipline a prouvée sur le terrain qu’elle constituait une excellente technique d’autodéfense face à de graves dangers, et elle a obtenu l’approbation de différentes unités spéciales. »
Exclusif : La Méthode GIGN (Commando n°1 Juillet 1995)
» C – - Qu’est – ce qui différencie le Krav Maga des autres méthodes ?
RD – En Krav Maga on s’intéresse à ce qui marche. Si une technique est efficace et simple à exécuter, nous l’adoptons. L’esthétique nous importe peu. La réelle difficulté, chez nous, est d’apprendre ce qui est le plus simple, le plus logique. Celui qui nous attaque a un temps d’avance sur nous : il faut donc absolument que notre mouvement soit court et rapide. Toutes nos techniques sont basées sur ces principes.
C – Le Krav Maga est également enseigné dans différents pays, Israël et les U.S.A. entre autres ?
RD – Oui. En Israël, il n’est plus classé secret militaire depuis 1964. Il a été exporté aux Etats-Unis voici une vingtaine d’années, notamment à New York et Los Angeles. Récemment le chef de la police de Beverly Hills a rencontré un officier du GIGN Ils ont eu la surprise de découvrir qu’ils pratiquaient tous les deux le Krav Maga ! »
Face à Face (Budo International n°12 Septembre 1995)
« BI – [Votre discipline] Est-elle efficace en combat réel / self défense ? Pensez – vous que ce soit nécessaire ?
RD – [
] Je ne peux que répondre que le Krav Maga est efficace en combat réel. C’est même la seule raison d’être de cette discipline. Est-ce nécessaire d’appendre un Art efficace en combat réel ? Tout dépend du but recherché. Pour
des unités anti – terroristes, il est évident que l’efficacité est indispensable. Pour des particuliers, c’est plutôt la volonté d’atteindre leur but, les moyens mis en uvre et leur investissement personnel qui apporteront à ces pratiquant un épanouissement bénéfique.
C – Avez – vous une anecdote personnelle à propos de self défense ?
RD – J’ai travaillé pendant douze ans comme agent de protection dans des endroits à risques. J’ai réuni pendant cette période un assez grand nombre d’anecdotes. Je me souvient avoir été attaqué par un homme qui brandissait une batte de base-ball. Une seconde avant le contact j’ai eu une inspiration. Sans même réfléchir je lui dis » Stop » en tendant la main vers lui. Complètement surpris par cette réaction inattendue il stoppa net. J’enchaînais aussitôt d’une voix calme. Déstabilisé, il se laissa embarquer dans un dialogue qui devait se terminer à la brasserie du centre commercial autour d’un verre. Je garde de cette aventure un excellent souvenir.
C – Comment considérez vous l’entraînement ?
RD – [
]L’entraînement doit servir à nous apprendre à développer des qualités de l’esprit qui sont la rigueur, le courage, la subtilité, l’esprit d’entreprise et le respect des autres.
C – Et la compétition ?
RD – La compétition est un excellent moyen pour apprendre à se connaître, percevoir nos limites afin de s’en approcher le plus possible. Elle est unmoyen pour dominer ses émotions, peur ou haine, afin d’être plus performant. Elle apprend à accepter la défaite avec humilité sns être bloqué toutefois par la crainte de perdre. En un mot je n’en pense que du bien
sauf en ce qui concerne le Krav Maga qui ne doit être lié à aucune règle.
C – Aimez – vous d’autres disciplines martiales ? Pour quelles raisons ?
RD – Moi qui pratique un art Martial où, en aucun cas, on ne peut aller au bout de son action, sous peine d’endommager gravement le partenaire, j’aime toutes les disciplines où on ne fait pas semblant : les boxes thaïs, américaines, anglaises, le Judo
Dans aucune de ces discipline on ne peut tricher. Avec les pendules constamment remises à l’heure, la trajectoire de l’esprit reste bien en place, permettant une plus grande stabilité au pratiquant.
C – Si vous aviez le pouvoir de changer quelque chose dans l’état d’esprit de vos étudiants, ce serait quoi ?
RD – Je n’ai absolument pas le désir de changer l’état d’esprit de mes étudiants. Chacun vient avec ses points forts et ses points faibles. Je ne crois pas que l’état d’esprit puisse changer en deux fois par semaine. En revanche je veux renforcer les points forts et limiter les points faibles. Changer l’état d’esprit, je n’y crois pas, s’améliorer, oui très certainement. »

Riposter à temps (Karate Bushido Juin 1998)



La préparation mentale (Ceinture Noire Hors Série n°1)
La préparation mentale joue un rôle essentiel. En effet, en cas d’agression, si l’on arrive pas à gérer son stress, la meilleure technique au monde ne servira à rien. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav Maga en Europe, nous avons fait le point sur cette question. En quoi la compétition peut apporter quelque chose ? Comment apprendre à maîtriser son stress ? Comment réagir face à un danger mortel ? Avec sa double expérience de compétition (il a été champion de France de Boxe Américaine) et de combattant (membre des commandos israéliens), Richard Douieb nous a semblé parfaitement qualifié pour répondre à ces questions.
C.N. : Richard, tu as pratiqué la Boxe Américaine, tu as même été champion de France. En quoi cela t’a-t-il aidé au niveau de la préparation mentale ?
Richard Douieb : J’ai d’abord pratiqué le Kravmaga. Il m’a semblé que la compétition pouvait m’aider à compléter ma préparation car même s’il ne s’agit pas d’un affrontement réel, il y a quand même des risques. On ne fait pas semblant, on peut parfois aller jusqu’au K.O. Et là, le mental intervient. Même si on est prêt physiquement et techniquement, sans mental cela ne sert à rien. Petit à petit, la compétition permet d’apprendre à gérer le stress d’un véritable affrontement.
C.N. : Que ressentais-tu avant de monter sur le ring ?
R.D. : C’est différent de la bagarre de rue. Le Kravmaga a pour vocation la self-défense, et là on ne sait pas à l’avance qu’il y aura un combat, si ce n’est les trois secondes qui précèdent. En général, il y a d’abord un affrontement verbal durant lequel on peut éprouver la peur. En compétition, on sait deux mois à l’avance qu’il va y avoir un combat. Trois semaines avant, on commence à y penser sérieusement, à éprouver la peur. C’est cette peur qu’il faut accepter, maîtriser, une fois qu’on a intégré l’idée qu’on pourrait être blessé ou victime d’un K.O., on est fin prêt pour le combat. A ce moment là, lorsqu’on monte sur le ring, on est tranquille, on est bien.
C.N. : Comment as-tu évolué entre tes premiers combats et tes derniers combats de boxe ?
R.D. : Lors de mes premiers combats, je pensais qu’il fallait détester mon adversaire pour être au meilleur de moi-même et pour le vaincre. En fait, je me suis aperçu que la colère était un parasite qui m’empêchait d’atteindre mon plus haut niveau personnel. Petit à petit, je suis devenu plus tranquille. Etant plus serein, j’ai réussi à éliminer les éléments parasites : la peur, la colère… Et ainsi, aller au bout de mes limites. Pendant ma dernière année de compétition, l’enjeu n’était pas très important, je n’avait pas d’amis qui venaient me voir combattre. J’étais plus relax, j’avais moins peur de décevoir. Sur huit combats j’ai gagné les six derniers par K.O. J’étais détaché, et en même temps appliqué, j’essayais de faire de mon mieu
x.
C.N. : Donc tu penses que la compétition peut jouer un rôle dans la préparation mentale
R.D. : La compétition peut être un passage. Moi, ça m’a beaucoup aidé mais ce n’est pas une finalité. Il y a des points négatifs comme se demander sans cesse si on est le meilleur. Cela n’est pas Don. L’important c’est d’être au mieux de ses capacités.
CN. : Parles nous de la gestion du stress.
R.D. : Mon maître, Imi Lichtenfeld, m’en a longuement parlé. Le stress, c’est quelque chose que l’on doit affronter. A partir du moment où il est suffisamment faible, on va pouvoir le surmonter et on sortira endurci de l’épreuve. On pourra alors affronter un stress supérieur parce qu’on aura l’expérience d’un premier stress sur-monté. La fois suivante, le stress ne doit pas être trop grand. Il ne faut pas brûler les étapes, sinon l’assurance s’en va et la peur revient. Pour maîtriser le stress, il faut procéder étapes par étapes, petit à petit, en augmentant la dose de stress progressivement. C’est comme la condition physique ou la mémoire. Une fois que l’on sait cela, à nous de trouver les exercices et la psychologie nécessaires afin de faire progresser nos élèves.
C.N. : En Israël, tu as fait partie d’unités de commando, et tu as connu l’expérience du combat réel. Est-ce que le stress que l’on peut ressentir dans ces moments là est comparable ?
R.D. : J’ai participé à des affrontements très rapides. A ces moments là, je n’ai pas eu de stress véritable, comme sur un ring par exemple. Je ne me sentais pas seul, j’étais au sein d’un groupe commando. En plus, on avait suivi une préparation mentale spécifique. Pendant les six premiers mois, je faisait partie d’une unité, les Golani, formé essentiellement de voyous, de délinquants : il y avait sans arrêt des bagarres. Ça, plus les entraînements, le manque de sommeil, le stress que nous procuraient nos supérieurs… Finalement, le stress du combat réel était inférieur à celui rencontré les premiers mois à l’armée ! Après ces six premiers mois, j’ai intégré une unité de commandos. Là, l’ambiance était bien meilleure et la préparation qu’on subissait permettait d’avoir un excellent mental.
C.N. : L’idéal du Budo, des arts martiaux japonais, est incarné par le samouraï qui reste impassible face à la mort. Qu’en penses-tu ?
R.D. : Les arts martiaux peuvent permettre d’arriver à ce stade effectivement. Mais tout dépend de l’individu : c’est lui qui fait de sa pratique un art martial, il y a des gens qui vont dans une salle pour faire un peu de sport, ou pour avoir une activité ludique. Certains veulent apprendre des trucs qui marchent à tous les coups, sans avoir d’effort à faire. Celui qui s’implique réellement fera de sa pratique une self-défense, un sport de combat ou un art martial, s’il y met une partie de sa vie. Si l’on s’entraîne deux fols par semaine et qu’on dehors des cours on ne pense jamais à sa pratique, on fait autre chose qu’un art martial.
C.N. : Est-ce que le fait de s’être trouvé face à la mort a eu une incidence sur la pratique martiale ?
R.D. : Oui, à condition que celui qui s’est trouvé face à la mort ait accepté cette idée et ait décidé de surmonter le risque. Si face au risque il s’est comporté comme une victime, il va régresser. C’est pour cela que la préparation est importante.
C.N. : Cela veut-il dire qu’il faille accepter l’idée de la mort pour surmonter l’épreuve ?
R.D. : c’est clair ! Mais il s’agit d’un travail préalable. Parfois, on a pas le temps de réfléchir et on a la bonne réaction. Cela va alors nous renforcer, c’est un réflexe très positif. Mais le véritable travail c’est d’accepter l’idée qu’on va peut être mourir tout en aimant la vie : à ce moment là, on en sortira renforcé.
C.N. : Un vieux proverbe dit : « Il faut se vouloir se battre sans vouloir gagner, mais sans vouloir perdre ». Qu’en penses-tu ?
R.D. : Je suis d’accord avec ça : si l’on veut gagner, on est parasité par les émotions. Mais en revanche, on ne doit pas avoir une seconde l’idée que l’on va perdre au moment de l’affrontement. On peut y réfléchir avant, et non pendant, on ne s’appliquer au mieux de ce que l’on peut faire, comme un élève consciencieux.
C.N. : Pour finir, j’aimerais que tu nous racontes la fois où tu as vaincu sans te battre ?
R.D. : J’étais agent de sécurité dans un centre commercial Je m’étais fait agresser par un garçon à qui j’ai dû casser la figure. Son frère est revenu avec une batte de base-ball, il était à l’extrémité de la galerie, à environ deux cent mètre de moi. Il a couru vers moi pour me frapper. A quelques mètres, je me suis dit : qu’est-ce que je fait ? Soit je lui rentre dedans, mais on n’est jamais sûr de gagner, soit je m’en vais en courant, mais je perds mon travail et ce n’est pas la solution. J’ai, alors, eu un éclair de génie. J’ai crié au gars : stop ! Il a arrêté net, il a été surpris, complètement désarçonné par ma réaction. Et là, je lui ai dit : « Tu ne vas pas me frapper comme ça avec une batte de base-ball. Tu ne te rends pas compte des dégâts ! « II était sous le choc de la stupeur et j’en ai profité pour le prendre par le bras : « Allez viens, on va boire un coup. Il faut qu’on discute de tout ça, apparemment, tu ne m’a pas bien compris ». Il y a des moments favorables pour attaquer quelqu’un avant ou après que sa colère n’atteigne son paroxysme. Si l’on contre-attaque à l’instant où sa colère est au maximum, ce n’est pas malin. Dans mon cas, ce garçon avait couru cent mètres en brandissant une batte de base-ball, en criant, en m’insultant : c’est beaucoup d’énergie dépensée. Le paroxysme de sa colère était passé. Donc, j’ai fait une attaque psychologique au bon moment et tout ça s’est terminé autour d’un verre. Pour finir, il est rentré donner une raclée à son frère qui n’aurait pas du se comporter ainsi !
Krav Maga Self-défense (Ceinture Noire Hors Série n°3)

Face à un agresseur armé d’un couteau Coup de pied au plexus

Frappe au visage et saisie du poignet armé Coup de pied aux parties t=159 src="http://www.kravmaga-france.fr/images/articles_et_parutions_clip_image028.jpg" width=185 align=bottom border=0 name=Image24>

Il tord le poignet de son agresseur Début de l’épluchage

Epluchage Et désarmement

Frappe à la tempe avec le pommeau Et frappe en revers
L’efficacité par la simplicité (Commando n°1 – Novembre 2002)
Depuis 9 ans, le GIGN a adopté le Krav Maga pour son entraînement en self-défense. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav Maga en Europe et pionnier de cette discipline en France, retour sur un art encore peu connu du grand public.
Commando : Quelle est l’originalité du Krav Maga par rapport à d’autres méthodes de Self-défense ?
Richard Douieb : Le Krav Maga a été conçu dès le départ pour être une méthode de Self-défense. Aujourd’hui, des méthodes de Self-défense sont conçues à partir des arts martiaux traditionnels ou à partir de sports de combat : ces méthodes ont donc suivi l’évolution inverse. Tout notre système a toujours été conçu autour de l’efficacité maximum. Notre méthode n’est pas passée par un sport. Mais il est possible de faire une formation en Krav Maga et ensuite un sport de combat, comme la boxe américaine que j’ai pratiquée ou autre chose. Maintenant, cela ne reste qu’un moyen qui nous servira à acquérir de l’expérience. Il ne faut pas perdre de vue le but initial, qui est une self-défense complète, sans fioriture.
C. : Le Krav Maga a été adopté par plusieurs unités dans le monde. Par le GIGN en France, la Police de Los Angeles et certaines unités du FBI américain…
R. D. : Oui, j’ai un collègue, Daren Levan, qui a bien fait connaître le Krav Maga aux Etats-Unis; il a effectivement introduit cette méthode dans plusieurs unités du FBI et dans plusieurs services de Police: Los Angeles, Chicago, Boston, etc. Le Krav Maga est très connu là-bas. Il y a aussi des gens comme Oleg Taktarov, qui sont sortis avec les honneurs de l’Ultimate Fighting; aujourd’hui ils apprennent le Krav Maga, et ils sont fiers de dire qu’ils sont pratiquants de Krav Maga. Au Brésil, j’ai aussi un collègue qui enseigne le Krav Maga dans les unités d’intervention, comme moi en France avec le GIGN.
C. : Justement, est-ce que le Krav Maga ne serait pas davantage adapté à des unités d’élite plutôt qu’à un travail de police normal, car la riposte paraît, je ne dirais pas violente mais assez forte ?
R.D. : Il faut savoir que « qui peut le plus peut le moins ». Les gens qui ont appris la self-défense de la police, la self-défense attitrée à l’école de police, savent qu’ils ne peuvent arrêter personne avec cette méthode ; eux-mêmes viennent me dire qu’ils recherchent des méthodes plus efficaces. Un exemple ; si quelqu’un ne peut pas pratiquer une clé sur un fou furieux, parce que c’est tout à fait impossible, il tentera d’utiliser son arme de poing et arrivera à un niveau beaucoup plus violent et dangereux qu’il ne le souhaiterait. Il serait préférable qu’il utilise une méthode un peu comme la nôtre, avec un esprit équilibré, rationnel et lucide : cela permettrait d’aller moins loin dans sa contre-attaque.
C. : Par rapport aux événements du 11 septembre, on se pose la question: qu’est-ce qu’on aurait pu faire pour empêcher cela, et que faire pour empêcher que cela se reproduise ?
R. D. : Si on voit les Israéliens, c’est surtout la prévention : il n’y a pas un avion d’El Al qui ait été attaqué par un terroriste ; si ce n’est pas arrivé, c’est qu’ils ne laissent pas rentrer les terroristes dans l’avion. A partir du moment où c’est arrivé, dès maintenant, on sait qu’il s’agit d’une nouvelle guerre, celle qu’on appelle la guérie du XXIe siècle, une guerre contre le terrorisme, A partir de là, il faut absolument former le personnel de bord. Les former aux techniques de sports de combat et surtout de self-défense dans des espaces confinés, à l’endroit où l’on sort les plateaux, dans les couloirs des avions, depuis une position assise, donc des espaces extrêmement restreints, et puis également les former au courage, le courage c’est comme un muscle ou comme la mémoire : cela se travaille, il faut des stages et des cours pour cela.
C. : Et le fait d’avoir des gardes armés en civil dans les avions, comme cela se pratique dans certaines compagnies ?
R. D. : Il ne faut rien négliger, mais pour ne pas percer la carlingue, on utilise des petits calibres, du 22; et puis, il faut savoir réagir contre une menace au couteau, au pistolet… Car on peut amener une arme à bord si le pistolet est en plastique avec des balles de caoutchouc. On peut avoir à se défendre contre des cutters qui passent quand ils sont en plastique, des explosifs dans les chaussures : on ne peut pas tout fouiller, il faut réfléchir à tout cela très sérieusement.
C. : Tu as introduit le Krav Maga en France en quelle année ?
R. D. : J’ai introduit cette discipline en France en 1987. Cela fait quinze ans, et aujourd’hui nous regroupons une trentaine d’associa
tions en France, environ 1400 pratiquants ; et aussi des fédérations qui commencent à se structurer, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Finlande, dans des endroits comme l’Ile de la Réunion, en Pologne, à Monaco, au Luxembourg : au total, nous avons aujourd’hui dépassé les 2000 pratiquants affiliés à notre fédération.
C. : Quels sont vos projets, vos perspectives de développement ?
R. D. : Nos perspectives de développements sont très grandes, car on a vraiment une structure solide, qui donne aux pratiquants les moyens de se former pour être de bons enseignants. Il y a trois niveaux d’enseignement : initiateur pour le premier niveau, puis aide-moniteur et ensuite moniteur. La personne qui est moniteur doit posséder la ceinture noire. Donc, il doit passer ses ceintures.
C. : Quels sont les grades dans le Krav Maga ?
R. D. : Les grades et les ceintures sont les mêmes que dans le judo, conformément au souhait de maître Imi Lichtenfeld, le créateur du Krav Maga : il avait décidé d’adopter dans les années 60 ce système de ceintures.
C. : Est-ce que le Krav Maga est-ce une méthode destinée aux civils, ou plus particulièrement à l’armée ou à la police ?
R. D. : Mon objectif est de faire du Krav Maga une institution ; pour cela, il me semble très important d’avoir des priorités, une unité et une cohésion au sein de la fédération. Il y a des gens qui sont là depuis cinq, dix ou quinze ans et qui se sentent bien. Pour les nouveaux arrivés, il faut une structure qui ne les rackette pas, mais il faut également l’homogénéité des techniques, que tous pratiquent la même chose. Pour cela, chaque année il y a un séminaire gratuit qui regroupe les enseignants des différents niveaux. Ceux qui ont plus de trente élèves ne paient rien. Ce séminaire se déroule chaque année pendant les 3 jours de la Pentecôte ; de cette façon, nous homogénéisons toutes les techniques, nous revoyons régulièrement les techniques de base et les techniques avancées.
C. : Est-ce qu’il y a eu progression du Krav Maga depuis quinze ans ?
R. D.: J’ai eu la chance d’avoir Imi comme maître : il a fait le meilleur travail qui soit pour ses enseignants proches, il nous a donné les bases et la possibilité de réfléchir sur le Krav Maga. Certains sont restés très près de l’enseignement de maître Imi, et quand je retrouve ces enseignants après plusieurs années, sans nous être concertés, nous avons fait des techniques évoluées qui sont les mêmes. Parfois, alors que nous pensons faire évoluer la discipline et que l’on se prend pour des novateurs, nous ne le sommes pas, car en réalité il n’y a que peu de techniques nouvelles, et c’est davantage dans des mouvements, dans une manière de ressentir qu’est l’évolution. Pour dire combien les bases sont justes et reposent sur du solide.
C. : Le Krav Maga est-il destiné aux civils, ou bien aux policiers et aux militaires ?
R. D.: C’est une question qui revient souvent : est-ce que le Krav Maga est une self-défense, un sport de combat ou un art martial ? En fait, c’est le pratiquant qui en fera ce qu’il veut. Si le pratiquant veut en faire un loisir ou un sport de loisir, il le pourra. Si le pratiquant est un sportif qui veut améliorer son rythme cardiaque, ce sera un sport de combat, avec des gants, etc. S’il veut en faire un art, et bien ce sera un art martial. Il peut être abordé dans l’optique du policier, avec la maîtrise, le contrôle, un minimum de coups dans la mesure du possible, si l’agresseur n’est pas trop dangereux.
C. : Donc, tout le monde peut pratiquer du Krav Maga ?
R. D. : C’est ouvert à tous, aussi bien pour le civil que le policier. Il ne faut pas venir uniquement pour dire : je vais apprendre à sauver ma peau, mais il faut trouver cela amusant, être piqué au jeu, pour progresser.
Héritier du Krav Maga (Karaté Bushido – Octobre 2002)
Direct et efficace, la maxime de Krav Maga, peut aussi s’appliquer à sa propre évolution sur le plan médiatique : fulgurante ! Pour Richard Douieb, cet art martial par essence israélien doit rester axé sur une pédagogie mais aussi une déontologie strictes.
Depuis 1948, date de création d’Israël, le conflit qui oppose l’Etat hébreu à l’entité palestinienne, les guerres, le terrorisme, a forgé, voire affûté à l’extrême, l’esprit d’une population entière exposée aux risques ultimes. Dans les rues ensoleillées de Tel Aviv, la vie suit pourtant son cours ordinaire : la capitale politique s’affaire avec une frénésie toute méridionale, et à deux pas des plages, les avenues commerçantes et leurs boutiques à la mode ne désemplissent pas. Enfin, le soir une jeunesse débordante de joie de vivre sort dans les cafés et les discothèques de Tel Aviv. Tout porterait à croire qu’Israël prospère dans la paix.
Seulement voilà, certains signes forts, comme l’omniprésence de militaires, pistolet-mitrailleur en bandoulière, rappelle l’inexorable menace terroriste qui telle une épée de Damoclès peut frapper à tout moment le peuple juif. Telle est la terrible réalité de la guerre. De l’adaptation à cette situation martiale, les Israéliens développent paradoxalement, en apparence, un tempérament fort et direct : celui de l’efficacité. Celui-là même qui constitue l’essence du système Krav Maga :
» Traduit par combat rapproché, le Krav Maga, expose Richar
d Douieb, président fondateur et directeur technique de la Fédération européenne de Krav Maga, cet art martial est israélien par essence. Le Krav Maga correspond à la mentalité directe et orientée vers l’efficacité des Israéliens « .
Aujourd’hui, le peuple hébreu connaît mieux cet art martial, qui, classé secret-défense et réservé jusqu’ en 1964 à l’instruction des troupes d’élite de l’armée israélienne, a ensuite été démocratisé par son fondateur, Imy Lichtenfeld. Cette apparition tardive et artisanale du Krav Maga en Israël n’a toutefois pas empêché son essor rapide à l’international. Plusieurs experts, à l’instar de Richard Douieb en France, ont été missionnés par Imy Lichtenfeld pour le représenter à l’étranger. Mission accomplie.
Non seulement, le Krav Maga est enseigné à peu près partout, tant dans le civil que le corps des professionnels de la sécurité mais encore il a déjà fait irruption sur le grand écran avec une ambassadrice de charme : Jennifer Lopez dans Plus Jamais. Une médiatisation dont Richard Douieb se réjouit tout en prônant, par ailleurs, la conservation du patrimoine du Krav Maga dans son essence. En créant la fédération européenne de Krav Maga, c’était en 1998, Richard Douieb entend assurer la pérennité des techniques du combat rapproché israélien. Voici, en exclusivité pour Karaté Bushido, l’analyse qu’il fait, lui le formateur du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, de l’évolution du Krav Maga en France.
Le parcours du combattant
Richard Douieb, président de la Fédération européenne de Krav Maga, créée en 1997.
Age : 45 ans – Né à Jérusalem
Titre : représentant officiel du Krav Maga en Europe délégué par le fondateur Imi Lichtenfeld.
Moniteur militaire et civil israélien de Krav Maga. Formateur des enseignants de sports de combat du GIGN Entraîneur de plusieurs unités d’élite militaire et de police en France et à l’étranger. Ceinture noire de Atemi jutsu, champion de France en 1983 et 1984 de boxe américaine. Ancien professionnel de la sécurité.
D’abord frapper pour affaiblir (Karaté Bushido 2006)
Lorsqu’on a le dessus lors d’un combat, il est inutile d’amener l’adversaire au sol, ce sont nos coups qui s’en chargeront. Mais s’il commence à faiblir, par exemple, il peut s’agir d’une bonne opportunité pour le faire car, au sol, il sera plus facile à contrôler ou, dans un cas extrême, de le frapper au visage. Pour bien emmener son adversaire au sol, il faut avoir une bonne notion de l’équilibre et du déséquilibre. Il ne s’agit pas de l’amener au sol en force, mais en déployant le moins d’effort possible, de l’emmener vers son déséquilibre. Il s’agit donc de trouver les points de déséquilibre de l’adversaire et les directions où l’emmener. Si l’on se trompe, on peut perdre beaucoup d’énergie dans la manoeuvre, ce qui n’est pas souhaitable car on ne sait pas comment va évoluer l’affrontement (regain d’énergie chez l’adversaire, arriv&eac








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